 Tous les candidats sur la même ligne...
Qu'est-ce que la compétence (ou les compétences) ? Si vous interrogiez un moteur de recherche sur Internet, il irait vous proposer des millions de pages qui traitent du sujet.
Nous vous épargnons de perdre votre temps à aller visiter ces pages, vous allez avaler beaucoup plus de publicité commerciale que de connaissances à en tirer à propos de votre recherche. Plus encore, on dit un peu de tout et de rien dans ces pages.
En plus simple, le mot "Compétence" est un mot composé de deux racines étymologiques, comme d'ailleurs l'est le mot "conscient". "Compétence" est composé de "con" et "pétence, (pet)". Soit : "l'égo, le soi, la personne dans son intérieur et de ce qu'il en renferme" et "ce qui en sort de la personne, ce qu'il peut mettre d'évaluable en dehors de son intérieur."
Nous rejetons de notre analyse la variante de "Compétence" qui renvoie à "autorité", tel que, ce qu'on dit par exemple dans le jargon de la justice : "Compétence d'un tribunal". Ceci est une déformation linguistique, l'expression exacte dans ce cas serait "Autorité d'un tribunal" et ce sens peut renvoyer aussi à "responsabilité".
Nous n'allons pas rentrer aussi dans le désagréable en ce qui concerne "péter", le verbe racine de "Pétence". Ici, il ne s'agit pas de pets, ce gaz intestinal qui sort de l'homme avec bruit, mais plutôt d'un concept technique qui va plus loin en valeur extrinsèque.
En d'autres termes pour nos concitoyens, cette analyse vise à nous amener à péter plus haut que dans son pantalon. Et aussi, il ne s'agit pas de faire craquer du bois dans le feu, ni de s'éclater ou d'exploser à l'image de la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf, ni de rater une affaire qu'on a sous la main, ni de rouler dans la soie, ni de rendre l'âme en mourant de faim...
Le concept que nous tentons de cerner est exclusivement productif. Il s'agit de péter ce qu'on prétend être en mesure et capable de faire. Au fait, dans le cas qui nous concerne, le mot "compétence" est celui qui se rapproche du résultat d'une compétition : Se dire "compétent" suppose que ce qualificatif s'est dégagé d'un processus où il y a eu rivalité et lutte.
D'ailleurs "Compétence" a pour synonymes : aptitude, attribution, bagage, ballot, capacité, connaissance, domaine, habileté, notion, pertinence, professionnalisme, qualification, qualité, ressort, savoir, savoir-faire, science, suffisance...
Mais ce ne sont que des approches. Ces éléments placés comme "synonymes" sont prétendument "mesurables". Or la compétence ne se fixe pas en considérant seulement les "Quantités", mais de l'examen de la qualité de chacun de ces éléments. Il s'agit de vérifier ces mesures et passer des prétentions à la réalité. Pour cela, seul la compétition peut clarifier l'échelle qualitative et c'est cela qui est déterminant dans la définition du concept de "Compétence".
C'est à l'image de la compétence des sportifs. Prenons l'exemple des athlètes. N'est pas compétent (ou pas encore !) dans l'une quelconque des spécialités de ce domaine, celui qui porte un survêtement de marque ; qui a fait des stages ou des écoles spécialisées dans la discipline ; qui est de filiation génétique d'un parent ayant excellé dans ce sport ; qui a fréquenté des salles ou de grands espaces d'entrainement de haute performance ; qui connait les plus grandes personnalités de ce milieu ; qui a parcouru tout ce qui se dit dans la presse en relation avec le sujet... Non ?
Non ! Est "compétent", parmi les sportifs, celui qui obtient des résultats dans des compétitions transparentes, ouvertes et contrôlées ! Peut-être même que des milliers, sinon, des millions de personnes sont témoins de sa compétence et ce, on le voyant monter les marches du podium.
Dans le monde du travail, y compris les hautes fonctions de l'état et des institutions d'un pays dont l'administration, la fonction publique, les boites privées ou individuelles... Enfin dans toute entreprise où l'homme est appelé à réaliser des résultats, la compétence est une compétition au même titre que l'exemple des sportifs. Si vous étiez classé parmi les 10 premiers de votre activité à l'échelle planétaire, vous pourriez dire sans rougir "Je suis compétent". Et vous méritez des applaudissements. Mais si seulement vous sortez d'une école où vous avez appris l'ABC de votre métier et vous occupez maintenant un poste, peut-être de responsabilité et vous remarquez que vos subordonnées vous respectent, vos subalternes vous écoutent et vos supérieurs vous félicitent souvent... Ceci c'est déjà bien. Mais ce n'est pas encore de la compétence.
Au niveau macroéconomique, parler de "compétence" et "d'hommes compétents" au niveau d'un pays comme l'Algérie par exemple, fait partie de la pire espèce d'éloge par l'opacité du voile cachant la réalité. Je ne dis pas que parmi les Algériens il n'y a pas de "compétences", mais tant qu'il n'y a pas de processus clair pour mesurer et comparer ceux qui sont en poste, particulièrement les dirigeants, personne ne peut prétendre à la compétence car manquant de challenge pour les évaluer. Il ne suffit pas de comptabiliser des oeuvres par le truchement des médias. La compétence demande le relevé des chronomètres et des chiffres exacts de ressources engagées pour ces oeuvres.
Si vous étiez Algérois âgé de 26 ans et vous alliez peut-être vous marier, sachez par exemple que le lancement du projet du métro d'Alger a le même âge que vous.
Dans quelques mois dit-on, au premier semestre de l'année 2009, ce projet rentrerait en fonction avec une première livraison de six wagons pour desservir une seule ligne d'une dizaine de stations. Pour l'histoire, Le métro a été imaginé dans les années 1970, avec un réseau de 64 km.
L'entreprise espagnole "Construcciones y Auxiliar de Ferrocarriles (CAF)" qui va pourvoir le métro d'Alger en matériel serait activée, elle-même, dans les années du lancement de notre légendaire métro. Mais entre-temps, la CAF espagnol a réalisé de nouvelles lignes et de nouveaux métros pour les grandes villes d'Espagne (1995 : Bilbao, 45 km, 42 stations ; Valence ; Grenade ; Seville ; Barcelone) et peut-être même, en engageant moins de ressources que celles engagées pour le métro d'Alger.
Enfin s'il existait le record Guiness d'incompétence dans la réalisation de projets, le record du métro d'Alger serait sans doute imbattable et retenu pour raconter cette histoire à l'humanité.
J'invite les Algérois à pleurer le jour du lancement de ces premières rames métropolitaines, ce projet a englouti des milliards du fait de l'incompétence d'un système qui gaspille sans compter en puisant dans les richesses de la nation.
Sommes-nous compétents pour faire de l'Algérie un pays qui rationalise la gestion de ses richesses ?
Comment mesure-t-on les compétences sans mettre en compétition les ressources humaines dans un pays où seulement 8,6 % des recrus ont déclaré avoir réussi à un concours selon une étude réalisée par un organisme officiel des statistiques ?

Aboubakr
|