Acteur de premier plan en sa qualité de chef de gouvernement lorsque le pouvoir avait décidé d’interrompre le processus électoral, Sid Ahmed Ghozali estime que ce choix a été «un coup d’épée dans l’eau» ; car si pour de nombreux acteurs il avait pour but de «sauver la République», pour d’autres «la réelle motivation était de sauver le pouvoir à n’importe quel prix». Cet ancien rescapé du pouvoir affirme dans un interview rapporté dans les colonnes d'El-watan que «Vingt ans après, je m’aperçois que le pouvoir est pire que le FIS».
Le pouvoir en Algérie est incarné par une oligarchie dont le comportement ne peut être mieux élucidée comme le fait abou el-faracha, notre ancien premier ministre. Proche et acteur de ce pouvoir avant de se faire éjecté à la suite du coup d'état des généraux en 1992, il décrit le comportement et l'hérésie des hommes du pouvoir ainsi :
"Il y a les dérives qui découlent de l’habitude de gouverner seul. Elle conduit naturellement, avec le temps, à ne plus faire la différence entre ce qui appartient à la collectivité nationale et ce qui est privé. Il n’y a plus de frontière. Il y a une véritable privatisation de l’Etat. C’est la conséquence même de la nature du système. Quand Montesquieu dit le pouvoir corrompt, il énonce un postulat universel.
Un homme au pouvoir est toujours exposé à être corrompu au sens large. Ensuite, on en abuse. Et comme la contradiction est bannie, on finit par croire que cette conviction est une vérité de Dieu. Le pouvoir est un cycle inéluctable, il commence par nous griser, il corrompt, ensuite il rend aveugle et rend fou. Deux exemples caricaturaux, il est sûr que quelques heures avant sa mort Kadhafi était convaincu que la vérité était de son côté. Et dès lors que l’on commence à dire que celui qui ne pense pas comme moi est mon ennemi (dit et redit publiquement chez nous notamment) donc il faut le bâillonner, c’est la fin. On devient dieu, impuni.
Ce sentiment d’impunité se répand. Il y a aussi tel ministre de qui proclame froidement à propos d’un scandale touchant son secteur : «Je ne suis pas au courant autrement que par la presse.» Vous voyez cette arrogance ! C’est un mépris total des autres et c’est soutenu par un sentiment d’impunité. «Nous sommes intouchables.»"
Il dit de lui-même et de ses semblables écartés du système à la suite du coup d'état : "nous avons servi de «harkis» du système" ; et du pouvoir : "Ce pouvoir n’est pas celui dont l’Algérie a besoin. Il a échoué et quand on échoue, on s’en va." ; et des islamistes : "La prospérité des mouvements religieux violents vient de la situation créée par le pouvoir." et enfin des présidents algériens : "Pensez-vous que, chez nous, le Président est élu par le peuple ? Il faut simplement comparer ce que dit la Constitution et ce qui se passe sur le terrain. Jamais le président de la République n’a été élu, mis à part la première élection de 1962. Toutes les autres élections ont été des désignations."
- Y compris Bouteflika ?
Mais bien entendu. Confirme-t-il.
Abdelghani
11/01/2012
/ fin de la page Algérie : des dieux nos intouchables //>
Commentaire Posté par : Benido ( Contacter ) - 12/01/2012
Bonjour Abdelghani,
C'est toute la problématique de l'homme. C'est une créature faible et fragile dans ses sentiments et dans sa corpulence aussi gros et long soit-il. Mais ce qui ne va pas dans le comportement de nos dirigeants, c'est que tes taquets leur sont bien imposés et limitent le cadre de leurs prorogatives et le champ de leurs actions : par leur croyance divine comme ne pas mentir, ne pas voler, ne pas rabaisser l'autre du fait de la position dans la société et l'opprimer.... tout ceci est illicite en islam ; mais aussi la constitution et les lois d'un pays sont des bornes à ne pas dépasser. Si le sommet de l'état lui-même ose dépasser les limites qu'impose la constitution et les lois, nous nous trouvons dans ce cas dans une non-nation, car une nation est à la fois un contrat, une convention, un traité, un engagement, un accord et un pacte de la société qui la compose.
Concernant la justice en Algérie, nous n'allons pas très loin pour avoir une idée : dans le sondage réalisé sur ce site, dans la rubrique "villes d'Algérie", 40% de ceux qui sont connectés à internet et donc des aisés de la société, pensent tout de même que la justice n’est pas indépendante du pouvoir ; que le corps des magistrats est lui-même accusé de trafic comme l’affaire de faux moudjahidines ; que les nobles du pouvoir demeurent intouchables ; que la hogra (l'avilissement de l'autre) tant dénoncée dans la presse algérienne et sur les forums est un signe fort de l’état de l’injustice qui sévit en Algérie et que tragiquement, la corruption touche jusqu'à la dignité des Algériens.
Ceux qui ont dans leurs cœurs leur pays regardent de près son état et placent leur pays avant tout. Et à ceux qui sont soumis aveuglement au charisme fabriqué de personnalités du pouvoir et viennent déposer des slogans inertes comme dire "vive Bouteflika", à ceux-ci nous dirons que les hommes sont mortels et dieu les jugera certainement, mais un pays restera pour les générations futures et nous avons la responsabilité de leur livrer un pays propre, prospère et de quoi ils seraient fiers.
L'objectivité s'obtient et s'affiche nettement quand elle fait suite à l'analyse chiffré d'un inventaire.
que diriez-vous par exemple d'un pays qui se classe à la 112e place parmi les pays les plus corrompus du monde? Ne sommes-nous pas une nation très sale sur terre ?
Qu'a-t-il d’Algérien celui qui passe par-dessus cette situation ?
Réponse Postée par : razak ( Contacter ) - 13/01/2012
st farid, tu te trompe, Sid Ahmed ghozali n'a jamais fait partie du pouvoir. Ancien PDG qui a fait de la Sonatarch, Sonatrach, c'est un technocrates que presque tous les présidents algériens l'on utilisé. Le pouvoir en Algérie c'est groupe restreint de vieux "moudjahiddines" et de militaires en retraite et en fonction. Quand Sid Ahmed ghozali était premier ministre, on pouvait dire tout en Algérie. Jamais l'Algérie ou un autre pays arabe n'a connu une telle démocratie, allant jusqu'à l'ENTV qui donnait temps égal à tous les partis, y compris le FLN. Supprimer ce message
Réponse Postée par : farid ( Contacter ) - 17/01/2012
Bonjour Razak,
C'est possible que je me trompe, sûrement, mais pour faire d'une entreprise d'hydrocarbure telle la Sonatrach une entreprise leader il n'y a pas besoin d'être un génie : il suffit de s'y installer et ramasser les bénéfices d'un cours du pétrole qui n'a jamais cessé de monter.
Donc je ne vois pas trop le bénéfice apporté par ce monsieur. S'il est si bon, il faut le mettre au ministère de l'emploi, de l'agriculture ou...on se comprend. Supprimer ce message
Commentaire Posté par : Ammi Ali ( Contacter ) - 17/01/2012
Bonjour tout le monde,
Un penseur a dit "Mettez à ma disposition l'armée, les banques et les télés d'un pays et me voilà président de ce pays très certainement."
Il en est ainsi en Algérie, Belkhadem, président du FLN, est payé par le trésor public en tant que ministre d'état sans aucun travail pour l'état, il vient bégayer au moins une fois par semaine sur les ondes de nos moyens de communication, et même un bégayeur, quand il fait redondance, est mieux que celui qu'on ne voit jamais. C'est l'"effet de l’image". Même le détergent qui salit le linge, quand il est vanté par des panneaux publicitaires, se vend mieux que l'autre qui ne fait pas de publicité mais qui nettoie beaucoup mieux, moins cher et fournit de la douceur.
Tout en premier, l'arnaque qui a du poids et constitue la grosse fraude des partis au pouvoir est bien cet abus que leur accorde la télévision algérienne et privant les autres partis.
Bien entendu, le pouvoir va mettre, à l'approche des élections, de simulas de programmes d'attribution de l’antenne avec des minutes très précis pour chaque parti. Où est l'égalité, car l'égalité est bien le but des élections transparentes, quand les uns meublent la télévision et les autres ont leur dit durant quelques jours, voilà pour vous : 3 minutes, 4 secondes !
Basta. Seul la rue peut mettre ce pouvoir à genoux du peuple, comme c'est le cas en Tunisie et en Égypte...
Je me demande aussi comment ces observateurs de l'union européenne acceptent de jouer ce jeu ? Est-ce que par ignorance effective, où sont-ils là aussi pour balayer les revendications du peuple algérien et préserver la domination de l'Europe sur les richesses de notre pays et leurs intérêts ?
Le CNTRE appelle tous les chômeurs d'Algérie à converger à Alger PLACE DU 1 MAI pour organiser un SIT-IN de protestation ouvert jusqu'à la satisfaction des revendications, notamment celles relatives aux articles 55 et 59 garanties par la constitution.