| Mais nos hadjidj ne sont pas exclusivement des élèves du secondaire pour s'appliquer aux longs textes et à la rigueur linguistique dite dans un arabe académicien...
 La Mecque
Vous ne pouvez pas savoir comment j'aime regarder la télévision algérienne. Des fois je me transporte et que je m'y pende, des fois le fou-rire, de la sympathie et le regard ne cessent de me prendre, mais il m'arrive aussi de ne rien comprendre.
La saison est au départ de nos hadjadj à la Mecque. Nous leur souhaitons hadjoune mabrouroune wa danboune maghfouroune.
Mais, est-ce que nos hadjadj savent qu'ils ont trois fois par jour cours à la télé ? C'est, ce qui se passe à la l'ENTV depuis quelques jours. Le dernier cours est vers minuit, après le feuilleton, cette production syrienne qui nous retrace avec des femmes qui ne savent pas faire des youyous authentiques, l'épopée de Lalla Nsoummer, notre héroïne qui mérite bien d'être sur nos pages très prochainement.
Je dis à Madame la télévision merci pour ces efforts. Mais nos hadjidj ne sont pas exclusivement des élèves du secondaire pour s'appliquer aux longs textes et à la rigueur linguistique dite dans un arabe académicien. Ces cours "écrits et lus" tel que enseignés déplaisent même aux appelés du service national.
Toutes ces histoires de "La mission de prise en charge des hadjadj" pendant leur pélerinage n'est que masquage de la réalité. Nombreux sont les hadjadj qui sont allés à la Mecque et n'ont jamais vu une personne se présentant comme "Membre" de cette mission. Les membres de cette mission font partie des privilégiés du ministère. Ils vont en Arabie Saoudite pour faire des affaires avec salaire en devise et primes de séjour, mais la condition des hadjadj et leurs problèmes ne sont pas de leurs soucis. Comme aussi, semblet-il, il est du dernier souci que de donner un enseignement sérieux à nos hadjadj.
Autrement, nous nous trouvons dans l'obligation d'informer ce ministère que la télévision n'est pas une classe d'école.
Monsieur le Ministre du culte, soyons exemplaires, ressemblons pour le moins aux autres. Prenons l'exemple de l'Indonésie. Dans ce pays, les futurs hadjadj passent par un stage pour prétendre aller à la Mecque. À moins que les Mosquées algériennes ne sont devenues des monastères pour sourds-muets, appelons nos futurs hadjadj pour quelques jours, après salat el 'asr par exemple et utilisons ces édifices publics souffrant de rentabilité pour leur montrer tout ce que signifie le hadj, ses rites, ses pratiques et ses prières... En tout, comment l'accomplir correctement.
De même, donnons-nous une raison sérieuse pour que nos imams justifient de leurs salaires.
Combien de hadjadj Algériens sont allés à la Mecque et à Médine dans des hôtels et en revenant, ils ne se rappellent que des bus et de leur hôtel, sans plus...
Et combien notre télévision dispose de temps libre jusqu'au point de se verser dans l'enseignement religieux.
Aboubakr
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