Le nom de Djamila Bouhired rappelle la torture durant la colonisation. Mais voilà que la même personne se plaigne, cette fois-ci, dans une lettre ouverte à Bouteflika comme si la moudjahida demeurait toujours sous la torture et ce, 47 ans après l’indépendance de l’Algérie.
L’héroïne de la bataille d’Alger, la fierté de la femme Algérienne et l’une des personnalités les plus respectées du monde arabe, reçue et décorée il y a moins d’un an au Proche-Orient, notamment au Liban et en Syrie par le Président Bachar El Assad en personne, la voici notre Djamila acculée dans le besoin et demande l’aide au peuple et interpelle son président !
Djamila Bouhired est très malade et son état de santé nécessite des soins à l'étranger. Dès la publication de son appel, un extraordinaire élan de solidarité du peuple s’est manifesté, mais également, des officiels des pays arabes du golfe ont proposé leur disposition à prendre en charge le symbole et l’expression de notre dignité.
En Algérie, le ministre de l’aumône, Djamel Ould Abbés a réagi en reprochant à Djamila de ne pas avoir exprimé sa situation à son département. En d’autres termes, lui qui a l’habitude de gérer la soupe populaire, serait sûrement en mesure de lui accorder, peut-être une carte de nécessiteuse de marque. Elle aurait pu hisser ainsi la qualité de la charité que dispense son ministère et surtout, cacher aux médias le désarroi d’un peuple dont la détresse a atteint ceux-là (et celles-là) mêmes qui se sont battus pour libérer notre pays !
Hchouma !
aliloul _____________
Lettre ouverte à Monsieur Bouteflika...
A Monsieur le Président d’une Algérie que j’ai voulue indépendante
Monsieur,
Je me permets d’attirer votre attention sur ma situation critique. Ma retraite et la petite pension de guerre que je perçois ne me permettent pas de vivre convenablement. D’ailleurs, mon épicier, mon boucher, ma supérette pourront témoigner des crédits qu’ils m’accordent. Il ne m’est jamais venu à l’esprit de compléter mes revenus par des apports frauduleux qui, malheureusement, sont très fréquents dans mon pays. Je sais que certains authentiques moudjahidine et moudjahidate sont dans la même situation, probablement plus critique. Je n’ai pas la prétention de les représenter ici, mais au poste où vous êtes, vous ne pouvez ni ne voulez connaître leur dénuement. Ces frères et sœurs, dont l’intégrité est connue, n’ont bénéficié d’aucun avantage. La somme qui leur serait allouée ne pourrait dépasser les honoraires généreux attribués aux députés et sénateurs, ainsi qu’à vous-même et à tous les alimentaires qui vous entourent. Ainsi, je vous demanderais de ne plus nous humilier et de revaloriser notre dérisoire pension de guerre afin de vivre dans un minimum de dignité le peu de temps qui nous reste à vivre.
Avec mes sentiment patriotiques.
Djamila Bouhired, Le 9 décembre 2009
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La lettre de Djamila BOUHIRED au peuple algérien
Si je m’adresse à vous, c’est parce que, pour moi vous représentez ce peuple multiple, chaleureux et généreux que j’ai toujours aimé. Aujourd’hui, je me vois dans l’obligation de faire appel à vous. Permettez-moi tout d’abord de me présenter. Je suis Djamila Bouhired, condamnée à mort en 1957 par le tribunal militaire d’Alger. Je me trouve actuellement dans une situation critique. Malade, les médecins m’ont conseillé trois interventions chirurgicales lourdes et coûteuses auxquelles je ne peux faire face : l’hospitalisation, les interventions chirurgicales, les soins, les médicaments et l’hébergement dans un hôtel, ne peuvent pas être couverts par ma retraite et la petite pension de guerre. Aussi, je vous demanderais de bien vouloir m’aider dans la mesure de vos possibilités.
Avant de terminer, je voudrais remercier chaleureusement certains amis des pays du Golfe que je considère comme frères pour leur générosité et leur compréhension, pour leur offre généreuse et spontanée à vouloir me prendre en charge, offre que j’ai dû refuser.
Avec tous mes remerciements aux sœurs et frères algériens et ma fraternelle affection.
Djamila Bouhired
21/12/2009
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