Ali Yahia Abdennour : Le crépuscule s’étend sur le pouvoir
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Le crépuscule qui s’étend sur le pouvoir doit laisser la place à la démocratie, la liberté, la justice, la justice sociale et les droits de l’Homme.
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Le Parlement et la Justice ont abdiqué leurs pouvoirs constitutionnels pour se mettre au service du pouvoir. L’Assemblée populaire nationale (APN) s’enfonce dans un discrédit dont elle aura du mal à se relever.
Le Conseil de la nation ne reflète en rien la réalité du pays. Il est une dérive de la République. Le Parlement n’est en réalité qu’une maison de retraite lucrative pour cadres des partis politiques.
Les tribunaux et cours de justice ne sont pas des lieux où la justice est rendue, mais des instances politiques où le pouvoir juge ses adversaires, plutôt ses ennemis. Les jugements et arrêts ne sont pas des actes de justice, mais des opérations de justice, dans les affaires politiques ou d’opinion, en fonction des consignes données par le pouvoir, par ministre de la Justice et services de sécurité interposés.
Quand la justice est bafouée, les libertés sont en danger. La perte de puissance et de prestige du pouvoir est due en partie à la fracture sociale. Il y a une malvie terrible dans des millions de foyers. Une partie importante du peuple algérien se retrouve en dehors des institutions de l’Etat et n’a d’autre alternative que la rue pour s’exprimer. Il y a une rupture entre, d’une part, une minorité importante jouissant d’un niveau de vie égal ou supérieur à celui des pays les plus développés, et de l’autre, la majorité de la population, les pauvres, les femmes, les travailleurs, qui ne bouclent pas leurs fins de mois et souffrent de la faim.
Le peuple est malheureux, il faut le redire. Une partie du peuple vit dans la pauvreté, végète dans la misère, et le pouvoir qui n’a pas répondu à sa souffrance, à sa détresse, donne encore plus à ceux qui en ont déjà trop, ce qui est le comble de l’injustice. Est-ce que le monde du travail peut vivre, non survivre, avec les salaires distribués ? Libéral en économie, conservateur sur le plan social, le gouvernement mène une politique de plus en plus anti-sociale.
Les Algériens ne croient pas à la fiabilité des statistiques sur l’inflation, le pouvoir d’achat, le chômage, le nombre de logements réalisés, manipulées à des fins politiques. Le scandale de la corruption est dévastateur. La corruption du clan kleptomane au sommet de l’Etat est telle que c’est le régime politique tout entier qui porte le nom de kleptocratie. Le pouvoir absolu corrompt absolument. Il y a une opacité dans la gestion des revenus des hydrocarbures, qui sont le sang et la liberté du peuple.
Il y a gaspillage des fonds publics, incurie des institutions politiques et administratives, prédation de certains dirigeants qui ont rejoint les rangs fournis des prédateurs. La corruption est inséparable de l’exercice du pouvoir. Elle défie l’imagination, est devenue un monde de vie, va du vol simple aux contrats bidons, aux surfacturations et aux grands brigandages financiers. Une caste monopolise l’Etat et ses bénéfices, le transforme non seulement en instrument de domination politique, mais aussi en source de pouvoir économique. Le peuple n’oublie pas et ne pardonne pas. L’impunité doit cesser d’être le privilège des privilégiés.
La marche populaire et pacifique du 12 février 2011 appartient au peuple algérien qui veut être maître de son destin
L’accélération de l’histoire fait que cette marche pour le changement démocratique, qui est une revendication sur laquelle les Algériens et les Algériennes ne peuvent transiger, est une grande avancée politique et sociale, qui ne peut être annulée par les manœuvres du pouvoir qui cherche à isoler les marcheurs, à les diviser et les opposer. Quand on croit à son pays et à son destin, chacun et chacune se bat à la place qui lui revient, pour résister à toutes les anesthésies calculées du pouvoir. Aux manipulations du pouvoir, la réponse des marcheurs sera toute de dignité.
Le temps de ce pouvoir est révolu, il doit quitter la scène politique, c’est la principale exigence de la nation. La dictature, une fois créée et consolidée, se permet tout. Le colloque international préparé par 12 associations de femmes, le 25 novembre 2010, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, intitulé «Stop à la violence contre les femmes», a été interdit par le wali d’Alger à la veille de l’ouverture du colloque. C’est un droit à la dignité humaine qui a été bafoué.
Toute expression en dehors des associations créées par le pouvoir pour le servir est interdite. Les jeunes sont en rupture avec le pouvoir qui refuse de les intégrer en tant qu’acteurs de la vie politique, sociale, économique et culturelle, et fait d’eux non pas des citoyens, mais des mineurs immatures. Le divorce est entre le peuple, privé de ses droits, et le pouvoir qui est supposé le représenter et parler en son nom pour l’empêcher de parler.
Le pouvoir actuel, qui a annoncé à l’avance, dès son arrivée à la direction du pays en avril 1999, l’avènement d’un régime politique autoritaire, totalitaire, dictatorial, doit faire son examen de conscience, définir ses remords, les retenir, les nommer et les déclarer.
La marche du 12 février 2011 s’inscrit dans la révolution lancée dans la rue, préconisée par le martyr Larbi Ben M’hidi, appartient au peuple et particulièrement à la jeunesse, garçons et filles à égalité, qui sont une espérance pour l’avenir, ou une explosion à venir.
Les jeunes sont la clé de la solution parce qu’ils veulent disposer d’une pleine liberté de conception, d’expression et d’initiative, et leur pensée politique est soucieuse de rigueur et de cohérence. Ils ont du caractère, du courage, des certitudes, une forte sensibilité pour la démocratie, la liberté, la justice, le pluralisme politique syndical et culturel, la solidarité et la justice sociale, sont le thermomètre de la température ambiante politique et sociale.
Chacun d’eux se sent concerné dans ce qu’il a de plus cher. La jeunesse, qui représente l’espérance, la vie, l’avenir, doit succéder à un pouvoir, dont presque tous les membres ont atteint l’âge de la retraite. Pour que naisse la liberté qui est le droit le plus fort et le plus constant, il faut accepter bien des risques.
Toute cause suscite des martyrs qui utilisent cette arme ultime, leur vie, jusqu’au sacrifice suprême.
Le pouvoir, qui sait le nombre d’Algériens morts pour leur pays, ne peut faire mourir son pays pour lui. L’armée ne portera jamais l’infamante responsabilité de tirer sur les jeunes manifestants qui veulent rompre le silence des sourds et la nuit des aveugles, pour être écoutés et entendus.
Le pouvoir ne peut interdire la marche du 12 février 2011, parce que le monde entier pour qui la répression annihile la liberté le jugera comme le théoricien de la violence et le négateur du droit. Une révolution s’annonce et est en marche.
Les jeunes et les moins jeunes descendront dans les rues et marcheront, parce que le sentiment d’injustice qui les fera crier vient des tréfonds de la nation. La diaspora algérienne doit être mobilisée et mobilisatrice pour la faire connaître au monde entier tous les événements qui se dérouleront dans leur patrie à partir du 12 février 2012.(Elwatan du 07-02-2011)
Ali Yahia Abdennour
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Biographie
Ali Yahia Abdennour, Président de la Ligue Algérienne de Défense des Droits de l’Homme (LADDH, non gouvernementale), est considéré pour être le père du combat pour les droits de l'homme en Algérie.
Militant du PPA-MTLD durant la colonisation, Abdennour quitte ce parti à la fin de l'année 1948 et s'investit dans le syndicalisme.
Sa bonne entente avec Abane Ramdane fait qu’il se retrouve, en février 1956, parmi le noyau qui crée l'Union Générale des Travailleurs Algériens, l’UGTA, qu'il quitta du fait que ce syndicat est devenu par la suite un allié du pouvoir.
Ali Yahia est arrêté durant la bataille d'Alger en janvier 1957, et ne sera libéré que trois ans plus tard. Après l'indépendance de l'Algérie, il a occupé des postes de resposabilité dont celui de ministre des Travaux publics puis ministre de l’Agriculture. Il quitte le pouvoir après le putsch manqué contre Boumediene en 1967.
Avocat et membre du barreau d'Alger, il défend devant les tribunaux des militants politiques de toutes tendances, allant des communistes, aux berbéristes, aux islamistes...
Il a été arrêté après la création en juin 1985 de la première ligue algérienne des droits de l'homme. Condamné pour 11 mois de prison ferme, il est déporté au sud quelques mois après sa libération puis placé en résidence surveillée à Ouargla jusqu'en avril 1987.
La Ligue de Me Ali Yahia est reconnue après les émeutes d'octobre 88. Il s’oppose, en 1992, à l’interruption du processus électoral. Il s’élève dès lors contre les dérives des forces de sécurité dans leur lutte contre l'insurrection islamiste et il contribue par la suite activement à la signature du contrat national, à Rome, en janvier 1995.
Fin 1996, il est à l’origine d’une autre initiative: l'appel national pour la paix qui rassemble de nombreuses personnalités en quête d’une solution politique à la crise. Sur le front des droits de l'homme, Me Ali Yahia contribue à sortir du silence le drame des disparus.
Ali Yahia Abdennour représente le courant algérien le plus modéré, celui du respect des droits de l'homme en Algérie.
07/02/2011
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Commentaire Posté par : Myriem ( Contacter ) - 11/02/2011
Salam Aujourd'hui se sont les Égyptiens qui ont retrouvé leur dignité. Je souhaite de tout mon coeur qu'il en soit de même pour l'Algérie demain et je prie pour que cela se passe s'en perte humaine.
Réponse Postée par : vérité ( Contacter ) - 16/02/2011
bonjour à tous, ce qui s'est passé en tunisie ou en egyt, ne se passera pas en algerie, pourquoiparceqque en algérie il ya beaucoup de mouhafikene, passant par tous les partis politiques de l'opposition, ils n'ont pas la sagesse et l'éducation de la politique, chacun se voit comme président de la république où régnera avec sa famille et ses proches, c'est pourquoi j'écris ce petit message de vousq dire que le peuple algerien a payé la plus lourde facture au monde dans ces propos. les personnes qui veulent le changement en algérie, est-ce que ils se son t réunis un jour pour tracer un programme ou un p'rojet d'avenir pour les algeriens, non à la connaissance, c'est pour ça qqu'il faut laiser l'algerie tranquille et celui qui veut le pouvoir il ya lieu de demander les victimes des années passées.. en dernier, la devise des algériens indépandants non pas de leçon à recevoir des peuples d'ailleurs et des pays ennemis pour leur dire avant de balayer devant les portes d'autruis il faut balayer devant sa porte. je me poste la question les arabes n'ont pas compris encore, pourquoi ça se passe ces évements que dans les pays arabes, les européens divese ces pays arabes où se trouvent les richjesses de tout genre pour construire leur pays et nous imposent la démocratie qui est pas de notre culture et nous on se tue entre nous...pauvre illitré... je suis pas un politicien, mais cse que je vois et j'entent ça reste à réfléchir jusqu'à) quand on dépendra de nos propres idées.merci pôur votre lecture. Supprimer ce message
Commentaire Posté par : benaissa ( Contacter ) - 05/04/2011
Nous vous reconnaissons votre bravoure durant et après la guerre de libération.Ne voyez vous pas que notre chère ALGERIE compte beaucoup trop d'orphelins.De gràce!Cessez de piétiner les cadres d'innocents algériens pour régler vos comptes personnels.
Commentaire Posté par : Abdelghani ( Contacter ) - 05/04/2011
Ali Yahia Abdenour fait exeactement ce que vous voulez : défendre les enfants des Algériens pour que leurs parents ne soient enlevés la nuit par les services de sécurité, torturés jusqu'à la mort puis jetés dans une fosse commune. Beaucoup de ces enfants ne savent pas encore dans quel charnier se trouvent les os de leurs PAPAS et leurs assassins se pronènent libres, sans rendre de compte, dans les rues de nos villes.
Vous voulez d'une Algérie où les droits de l'homme n'existent pas encore ?
Quant à mes comptes, j'en ai qu'un seul et il est modestement réglé. Le dernier relevé de mon CCP indiquait que je possedais 3200 DA. Rien de plus.
Le CNTRE appelle tous les chômeurs d'Algérie à converger à Alger PLACE DU 1 MAI pour organiser un SIT-IN de protestation ouvert jusqu'à la satisfaction des revendications, notamment celles relatives aux articles 55 et 59 garanties par la constitution.