/ ip = 54.238.253.56 date: 08/07/2009 03:21:46 //>| 5 juillet : l'aube des ténèbres d'une longue nuit ! | | . |
En 1848, Aïn Benian est déjà une ville coloniale. Mais avec la nomination du nouveau Bachaga qui dressa à la matraque les tribus récalcitrantes qui n’aspiraient pas bien le vent de la nouvelle donne du joug de la domination qui leur réserva la paupérisation générale et refusaient le fait accompli de la mainmise des colons sur les terres fertiles et les sources d’eau, le Gouverneur de la région s’est rassuré de la « pacification » de cette contrée. Au Bachaga, il avait promis cette promotion et il lui tint parole. Avec cet homme de foi acquise à la France, tous les éléments ont été réunis pour préparer le terrain à la venue de nouveaux colons.
Les paysans algériens se sont réveillés à quelques jours des labours en ce milieu d’automne 1853 avec des écriteaux implantés dans leurs champs et portant l'inscription "EXPROPRIATION".
"Comment peuvent-ils nous exproprier de notre terre alors que nous l’avions héritée de nos parents qui l’ont héritée de même, de pères en fils depuis la nuit des temps ?" Se demandaient-ils !
Le crieur allait et revenait le jour du marché en annonçant que monsieur le représentant du Gouverneur (le sous-préfet) appelait la population et les indigènes de la région à être présents à la réunion publique sur le parvis de la nouvelle mairie de Benian (et ce nouveau nom tronqué de la ville). L’ordre du jour serait d’annoncer les nouvelles attributions des terres pour les colons et leur présenter l’instituteur fraîchement arrivé de la métropole et par la même, expliquer aux indigènes les bonnes intentions des autorités coloniales concernant les expropriations et distribuer de l'orge aux pauvres.
Au fait, le sous-préfet, entouré d’officiers et de héros militaires, du Bachaga et du Caïd de la région, il expliqua calmement aux indigènes dans une atmosphère de fête, la bienveillance de l'état français et dît en substance : "L’état ne vous a pas exproprié. On vous a menti. L’état vous achète ces terres et vous les payera à un prix largement raisonnable" avant d'ajouter que « Bientôt ces terres vont être exploitées par des procédés d'agriculture modernes et tout le monde se réjouira de voir ces contrées enfin appartenir à un monde civilisé. » ; « Faites confiance à l'état français, nous sommes convaincus qu’en notre présence, votre condition se verra bientôt sous un nouveau jour !» Ajouta-t-il à l'adresse des indigènes. Puis de conclure sous une salve d'applaudissements initiée par le Bachaga et le Caïd : "D'autres propositions vous seront soumises et vous avez le choix de les accepter ou de les refuser !" Et comment ?
De ces autres propositions, il s'agissait en fait de rendre la terre inutile aux indigènes. Il fallait juste faire en sorte que la semence soit introuvable sur le marché. Son prix a été multiplié par vingt et plus. Le grain, dans toutes ses variétés, fera l’objet d’une gestion sous haute surveillance et il est réservé exclusivement aux colons gracieusement. L'un des fellahs que la misère a atteints jusqu'à l'os, a vendu les cinq hectares qui lui restaient et qui les nourrissaient tout de même avant, lui et sa famille avec la part du taleb en charge de l’éducation de ses enfants, pour la valeur de trois quintaux de blé afin de manger du pain pour quelques jours. La population affamée se rendra compte sûrement et très vite de l'inutilité de cette terre qui ne nourrit plus.
Dans le même temps, en métropole, le préfet de la Haute-Saône s’active et est en relation avec l’administration coloniale d’Alger. Voilà maintenant un an surchargé d’efforts afin d’aboutir à la stratégie coloniale de dépossession de la population autochtone dont celle de Aïn Benian qui a mérité la « considération » des Saôniens en Franche-Comté sur le chemin de l'Alsace. Il a obtenu des hautes autorités que Benian, ce patelin de quelques centaines de familles arabes dont la moitié des hommes a été tuée dans les massacres ayant suivi les révoltes (Abd El Kader s’était rendu il y a de cela à peine cinq ans.), soit une colonie réservée aux habitants ruraux de son département. Son souci du moment est de faire intéresser ses administrés, peu informés des réalités de la colonisation. Il s’agissait pour le préfet et aux stratèges de son département d’appâter les riches de la région. Les agriculteurs de la commune de Vessoul sont principalement visés, des fortunés et surtout des spécialistes en cultures vivrières ! Il a été même jusqu’à trouver un nom à leur nouvelle ville qui ne dépaysait pas : « VESOUL-BENIAN » Ceci du fait que certains des leurs y sont déjà installés. Il suffisait alors de leur montrer combien gagnent sur le terrain ces colons précurseurs qui les ont précédés.
Il publia alors à ses administrés par l’intermédiaire des sous-préfets, des maires et des juges, un communiqué dont nous publions plus bas un extrait (l'entête). Ce texte, nous l'avons reçu par courrier électronique de notre fidèle internaute et utilisateur de toutlemaghreb.com « j.gaillard94 » demeurant lui aussi du côté de Villers le Sec, une commune du Haute-Saône. Nous le remercions pour sa participation, comme nous l’avisons de même, que l’introduction ci-haut a été inspirée du film « Les déracinés » de Mohamed Lamine Merbah, une production de 1976 récompensée plusieurs fois pour les faits historiques que relate ce film.
aliloul
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ALGERIE—VESOUL-BENIAN
Fondation d’un village destiné à l’émigration de la Haute-Saône, sous le nom de VESOUL-BENIAN.
A MM .LES SOUS-PREFETS, JUGES DE PAIX ET MAIRES.
Vesoul le 22 avril 1853
Messieurs,
Les habitants de la Haute-Saône apprécient de jour en jour d’avantage tous les éléments de bien-être et de prospérité que les hommes laborieux sont assurés de trouver sur le sol algérien. Déjà l’année dernière a été marqué par un notable accroissement de l’émigration du département pour notre colonie. Les résultats des trois mois qui viennent de s’écouler sont encore plus remarquables et signalent une progression constante. Les lettres écrites par les cultivateurs qui y sont établis et qui ont admirablement réussi dans leurs entreprises, ont excités beaucoup de leurs compatriotes à aller les rejoindre. Tout le monde à lu dernièrement la lettre d’un colon originaire de Bucey les Gy (Haute-Saône), qui se trouve maintenant à la tête d’une exploitation de 550 hectares de terre et qui a tiré de 10 hectares seulement cultivé en tabac un bénéfice net de 8000 FR.
J’ai pensé qu’il serait avantageux pour nos colons de la Haute-Saône qu’il y eu en Algérie un centre entièrement peuplé de familles originaires du département, de sorte que les émigrants puissent continuer au delà des mers les traditions de leur pays natal. S.Exc. le Maréchal Ministre de la guerre a bien voulu, sur ma demande, affecter à l’émigration de la Haute-Saône un village tout bâti crée en 1848, dont les terres ont été en grande partie défrichées et cultivées et où les cultivateurs pourront sur-le-champ commencer leur travaux de culture.
…
Le préfet de la Haute-Saône. DIEU
Guerre d'Algérie, Raconter le 5 juillet 1962
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/ fin de la page 5 juillet : l\'aube des ténèbres d\'une longue nuit ! //>
.Message Posté par : Benido ( Contacter ) - 08/07/2009
Je reste perplexe en lisant ce texte, notamment la lettre du préfet à ses administrés. Il dit "un village tout bâti crée en 1848" comme si Aïn Benian n'existait pas ! Alors que son histoire remonte très loin et sa population comptait quelque 8000 habitants à l’époque.
C'est exactement ce qui se passe actuellement en Palestine. La population originaire est complètement ignorée et on parle comme si sur cette terre, personne n'existait. Le colon de Vessoul qui débarque à Benian a devant ses yeux que le nombre d'hectares qu'on va lui attribuer, comme exactement ce colon qui débarque de la Russie en terre de la palestine. Que la terre sur laquelle il va s'établir appartienne à d'autres qui l'ont hérité des centaines, voir des milliers d'années avant lui, il se confisque de voir cette réalité et qu'on les tue tous alors ces autres qui ont été là sur cette terre avant lui.
Au fait, le fait colonial et les colons ressemblent aux monstres qui débarquent de nulle part sur terre et provoquent des hécatombes tel que certains films futuristes préviennent de ces invasions extraterrestres. C'est au même titre : Le colonialisme doit être assimilé à l'esclavagisme et condamné.
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.Message Posté par : Jacqueline ( Contacter ) - 08/07/2009
Je tire seulement du texte du préfet Dieu (oh ! mon Dieu.) qu’il a fait trois fautes d’orthographe impardonnables : "Déjà l’année dernière a été marqué" demande un (e) car année est au féminin ; "10 hectares seulement cultivé en tabac" demande un (s) à cultivé car 10 hectares est un pluriel ; et enfin dans "commencer leur travaux de culture", "leur" devrait être aussi au pluriel.
Je me demande alors si c’est vraiment la reproduction d’une copie originale ou un texte bricolé par un amateur !? Comme je n’écarte pas que l’administration française de l’époque était occupée par des richissimes fils de riches sans apport avec les compétences et la maîtrise de la langue française. Peut-être même qu’en 1853, au Haute-Saône, on parlait plutôt allemand !? Sur mon passage. Merci.
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.Message Posté par : nadiadelyon ( Contacter ) - 13/07/2009
ras el agba est un village de campagne ou il n'y a pas grand chose à faire 
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.Message Posté par : eric ( Contacter ) - 13/07/2009
Je suis né à chebli en 1962. Je ne suis jamais revenu ça ne veux pas dire que je pense à vous en tant que français
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.Message Posté par : Pierre ( Contacter ) - 14/07/2009
Je suis d'Aïn-Benian. J'ai connu l'Algérie et je la regarde aujourd'hui.J'adore ce pays. A chacun son opinion sur le bien être de la population.
Charybde en Scylla ?
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.Message Posté par : Remchaoui ( Contacter ) - 15/07/2009
Avertissement: Vous devrez avoir honte de rabaisser un sujet concenant une nation à votre problème personnel et insulter tous les habitants d'une ville. Lisez les règles des messages avant de poster et veillez prendre note. Merci. 
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.Message Posté par : amina ( Contacter ) - 16/07/2009
Bonjour, il fallait continuer aliloul sur l'histoire et montrer où aboutit naturellement et à chaque fois, le côté inhumain du colonialisme. Inhumain il l’était, mais dupe aussi. Notre fellah qui a sauvé cinq hectares de l’expropriation, n'a pu en profiter du fait que le grain, pour la semence ou pour la nourriture, il a été retiré du marché. Seul les colons en avaient accès et gratuitement. La suite des événements selon l’histoire que relate le film "les déracinée" de Merbah, elle raconte que, après avoir consommé les trois quintaux de blé qu'il a échangé contre les 5 hectares..., il n'avait plus le choix que de travailler chez le colon. Lui, il est devenu son cochet et s'occupant du cheval du maître et des étables. Sa femme s’occupait du ménage de la femme du même colon. Mais le jour où ce colon a tapé sur les fesses de la femme en guise de salut, elle a quitté et le travail et son mari, le menaçant de lui ramener ses frères s'expliquer avec lui en ce qui concerne ce boulot de laver la saleté de la femme du colon et de se faire appeler Fatma, elle que ses parents lui ont donné le prénom de Yacout (La perle). Notre fellah, fou furieux de ce qu’il arrive aux siens, va récupérer le vieux pistolet enfoui depuis longtemps dans les décombres de sa vieille maison du douar abandonné depuis que les paysans ne se nourrissaient plus de leur terre. Et le jour du mariage de l'instituteur avec la fille du Gouverneur, il est allé à cette fête y assister sans être invité. C'est alors que le Gouverneur et le bachaga réunis avec d’autres autour d'un toast en attendant le méchoui, le virent avancer cet indigène vers eux... Plus le temps d’appeler les gardes ! La balle est partie des mains de l’homme et cette fois encore, comme depuis 1830, pour ne plus s'arrêter jusqu'au 5 juillet 1962.
Si ce peuple se souvenait et a avait de la mémoire, aucun Algérien ne s'élève sur un autre Algérien. Nous avons tous vécu les mêmes affres de la colonisation et nous nous sommes tous défendus, chacun avec ce qu'il pouvait.
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.Message Posté par : ali5500 ( Contacter ) - 17/07/2009
bonsoir.. je suis abdelli, natif d'aghlal. le sujet de ma discussion porte sur la date 1848.. qui aurait vu la création de demalherbe. le sujet a fait couler beaucoup d'encre dans notre patelin. selon un"hadj" agé de plus de 100ans en 1989 lors de la découverte d'ossements humains, il a était catégorique:il n'y avait pas de cimtière musulman, et ahglal n'existait pas sauf des fermes de certains colons. les algériens vivaient en tribus. la construction de DE MALHERBE débuta en 1914. il avait un arabe habitant un gourbi au douar sidi Lakhdar. ce qui nous mena sur cette date de 1914, c'est des questions posées aux plus vieux du village pour dater les restesd'humains. j'arrête ici le sujet car il est trop long et demande de l'espace. le nom arabe de demalherbe viendrair à ma connaissance de l'oued qui traverse aghlal et Aghlal veut escargot en kabyle ou chaines ou menottes en arabe. escargot parait plus vraisemblable. salut à tous les natifs d'aghlal-de malherbe
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.Message Posté par : khiali ( Contacter ) - 17/07/2009
Je suis vraiment sidéré devant le texte ci-dessus de ali5500, le type là mesure-t-il ce qu'il dit ? Dater les ossements et trouver 1914 ?? Ce qu'il oublie de nous dire, c'est avec quel procédé a-t-on dater des os et avec une telle précision ? Certes, le carbone 14 peut être utilisé mais c'est pour dater les ossements vieux d'au moins 6000 ans (préhistoriques) et ce procédé est utilisé pour la paléoanthropologie, l'histoire ancienne de l'homme.
Je suis originaire de aïn Kihal et j'habite Sidi Bel Abbes.Je t'informe ya sayidi que l'hypothèque ancienne de la région atteste bien que les terres d'Aghlal appartenaient aux Algériens bien avant l'arrivée des colons. Le mode de vie des habitait était bien semi-nomade entre s'installer proche de l'oued et en haut des montagnes selon la saison. Les terres fertiles sur lesquelles "Demalherbe" où les européens ont préféré s'installer, étaient des terres fertiles proches de l'eau et sur lesquelles était basée la vie des habitants de la régions. Celles situées sur le versant Ouest appartenaient aux familles de Aïn Khial et celles de l'autre versant aux Hsassna tout en haut. Ces terres ont été spoliées par le même procédé utilisé a Aïn Benian.
Même vous le dites vous même, Le nom Aghlal qui veut dire "Escargot" en Tamazight est bien issu d'une langue arrrivée sur place avant le français. Une langue arrivée avant sur ces terres, mais pas toute seule. C'est avec des hommes qui en sont les propriétaires!
Avant l'arrivée des Français, l'Algérie appartenait aux Algériens même en fransisant les propriétés.
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.Message Posté par : ali5500 ( Contacter ) - 18/07/2009
je pense que que monsieur khiali va vite en déduction extrêment scientifique, passons...en 1989-90, des ossements humains furent trouvéspendant les fondations de l'actuelle cité CNEP d'aghlal.une polémique entre lmes agés du village s'engagea sur l'origine des restes.les"vieux"furent d'accord pour dire que en cet endroit, il y avait une tranchée creusée par les français, pensant que les allemands vont enva&hir l'algérie durant la guerre 1939-45.cet endroit se trouve près d'un garage de 'actuelle commune et était comme prison et torture durant la guerre d'algérie.on découvrit 12 restes de chouhada.on jetait les cadavres dans la tranchée qui se trouvait juste près du garage.ces choudadas reposent maintenant à 6kmd'aghlal(à41km deSBA).si je vous parle du 2è bureau d'ain -kial vous connaissez ?ALI.on apprend tous les jours.
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