/ ip = 66.140.50.12 date: 08/05/2009 06:10:18 //>| Le 8 mai 1945 et le contraste historique sur les deux rives... | | . | Quand un peuple fête sa libération et son armée de l'autre côté, massacre des manifestants pour la liberté !
 Le 8 mai 1945 est la date de la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, ce jour est appelé par les Anglophones le « V-E DAY », Day c’est le jour et le V pour Victory (victoire) et E pour Europe.
Mais le 8 1945 est aussi la date tragique pour les Algériens. Celle des massacres de Sétif, Guelma et Kharrata à l’est du pays.
Tout a commencé à Sétif. La manifestation était autorisée. Les premiers manifestants ont commencé à occuper les rues dès 8 heures, estimées à plus de 10 000 personnes, chantant l’hymne nationaliste Min Djibalina (De nos montagnes), ils défilent avec des drapeaux des pays alliés vainqueurs et des pancartes « Libérez Messali », « Nous voulons être vos égaux » ou « À bas le colonialisme ».
Vers 8h45 surgissent des pancartes « Vive l'Algérie libre et indépendante » et en tête de la manifestation Aïssa Cheraga, chef d'une patrouille de scouts musulmans et arbore le drapeau algérien.
Tout dérape alors : devant le café de France, le commissaire Olivieri tente de s’emparer du drapeau, mais ne parvient pas. Des Européens en marge de la manifestation assistant à la scène se précipitent dans la foule et mettent à terre Aïssa Cheraga. Un adolescent, Bouzid Saâl, s'empare du drapeau algérien mais il est abattu à bout portant par un policier. C’était la première victime de cette manifestation.
S’ensuivent la pagaille et la confusion totale. Des ripostes de part et d'autre et plusieurs personnes dont des Européens, sont abattues.
C’est alors que des milices de colons, l’armée et la police s’organisent en groupes chargés de la « chasse aux arabes » comme pour chasser le gibier.
On parle alors de 102 morts côté Européen et le consul général américain à Alger de l'époque a établi le nombre de victimes indigènes par la répression de l'armée à 45 000 chahids. Mais 10 000 ou 20 000 ou 45 000, se sont des milleurs de ce peuple, à l'époque, considéré de rang inférieur.
Le chef du gouvernement français provisoire, le général de Gaulle, ordonne l'intervention de l'armée sous le commandement du général Duval dans une répression violente contre la population indigène.
La marine y participe avec son artillerie, ainsi que l'aviation. Le général Duval rassemble toutes les troupes disponibles, soit deux mille hommes.
La répression, menée par l'armée et la milice de Guelma, est d’une incroyable violence : exécutions sommaires, massacres de civils, bombardements de mechtas. Deux croiseurs, le Triomphant et le Duguay-Trouin, tirent plus de 800 coups de canon depuis la rade de Bougie sur la région de Sétif.
L'aviation militaire bombarde et rase complètement de la terre plusieurs agglomérations. Une cinquantaine de « mechtas » sont incendiées.
Les automitrailleuses font leur apparition dans les villages et elles tirent à distance sur les populations.
Les blindés sont relayés par les militaires arrivés en convois sur les lieux. À l’image d’une milice de 200 personnes qui se forme à Guelma sous l'impulsion du sous-préfet André Achiary qui distribue toutes les armes disponibles. Ils se livrent à une véritable chasse aux émeutiers. Pendant deux mois, l’est de l’Algérie connaît un déchaînement de folie meurtrière.
De nombreux corps ne peuvent être enterrés. Ils sont jetés dans les puits, dans les gorges de Kherrata.
Des miliciens utilisent les fours à chaux pour faire disparaître des cadavres. Saci Benhamla, qui habitait à quelques centaines de mètres du four à chaux d’Héliopolis, décrit l’insupportable odeur de chair brûlée et l’incessant va-et-vient des camions venant décharger les cadavres, qui brûlaient ensuite en dégageant une fumée bleuâtre.
De nombreux musulmans, dirigeants politiques et militants, du Parti du peuple algérien (PPA), des Amis du manifeste de la liberté (AML) (dont le fondateur Ferhat Abbas) et de l'association des oulémas furent arrêtés.
Lorsqu'une faction ou un douar demandait l’amane ( la sécurité ), l'armée réclamait les coupables.
Le 28 février 1946, le rapporteur de la loi d'amnistie (qui fut votée) déclarait en séance : « Quatre mille cinq cent arrestations furent ainsi effectuées, quatre vingt dix neuf condamnations à mort dont vingt deux ont été exécutées, soixante quatre condamnations aux travaux forcés à temps et il y aurait encore deux mille cinq cents indigènes à juger ».
La répression prend fin officiellement le 22 mai.
L’armée organise des cérémonies de soumission où tous les hommes doivent se prosterner devant le drapeau français et répéter en chœur : « Nous sommes des chiens et Ferhat Abbas est un chien ».
Des officiers exigent la soumission publique des derniers insurgés sur la plage des Falaises, non loin de Kherrata. Certains, après ces cérémonies, sont embarqués et assassinés.
Pendant de longs mois, les Algériens musulmans qui, dans les campagnes, se déplaçaient le long des routes continuèrent à fuir pour se mettre à l'abri, au bruit de chaque voiture. L'historien algérien Boucif Mekhaled, raconte : « À Kef-El-Boumba, j’ai vu des Français faire descendre d’un camion cinq personnes les mains ligotées, les mettre sur la route, les arroser d’essence avant de les brûler vivants »
Dans la région de Bougie, 15 000 femmes et enfants doivent s’agenouiller avant d’assister à une prise d’armes.
La presse en France disait : « Des éléments troubles, d'inspiration hitlérienne, se sont livrés à Sétif à une agression armée contre la population qui fêtait la capitulation de l'Allemagne nazie. La police, aidée de l'armée, maintient l'ordre et les autorités prennent toutes décisions utiles pour assurer la sécurité et réprimer les tentatives de désordre. »
Dans ses Mémoires de guerre, Charles de Gaulle chef du gouvernement à l'époque des faits, écrit en tout et pour tout :
« En Algérie, un commencement d'insurrection survenu dans le Constantinois et synchronisé avec les émeutes syriennes du mois de mai a été étouffé par le gouverneur général Chataigneau. »
Houari Boumediene, le futur président algérien a écrit :
« Ce jour-là, j’ai vieilli prématurément. L’adolescent que j’étais est devenu un homme. Ce jour-là, le monde a basculé. Même les ancêtres ont bougé sous terre. Et les enfants ont compris qu'il faudrait se battre les armes à la main pour devenir des hommes libres. Personne ne peut oublier ce jour-là. »
Kateb Yacine, écrivain algérien, alors lycéen à Sétif, écrit :
« C’est en 1945 que mon humanitarisme fut confronté pour la première fois au plus atroce des spectacles. J’avais vingt ans. Le choc que je ressentis devant l’impitoyable boucherie qui provoqua la mort de plusieurs milliers de musulmans, je ne l’ai jamais oublié. Là se cimente mon nationalisme. »
Il fut aussi un témoin oculaire des événements de Sétif, il écrit :
« Je témoigne que la manifestation du 8 mai était pacifique. En organisant une manifestation qui se voulait pacifique, on a été pris par surprise. Les dirigeants n’avaient pas prévu de réactions. Cela s’est terminé par des dizaines de milliers de victimes. À Guelma, ma mère a perdu la mémoire (…) On voyait des cadavres partout, dans toutes les rues. La répression était aveugle ; c’était un grand massacre. »
Ce traumatisme radicalisera irréversiblement le mouvement national. Le premier novembre 1954, la guerre d’Algérie est déclenchée jusqu’à l’obtention de l’indépendance, fêtée pour la première fois par les Algériens libres, le 05 juillet 1962.
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/ fin de la page Le contraste historique du 8 mai 1945 sur les deux rives... //>
.Message Posté par : hamer ( Contacter ) - 08/05/2009
allah yarham echouhada. Des crimes de guerre valant plus que demander "pardon"
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.Message Posté par : assirem-alma ( Contacter ) - 08/05/2009
Azul, Les événements du 08/05/1945 à Setif, Guelma et Kharrata à l'est du pays. C'étaient la goutte qui à fait déborder le vase. Mouloud Mammeri Allah yarhamu disait : " Quand trop de sécheresse brûle les cœurs/ Quand la faim tard trop d'entrailles/ Quand on rentre trop de larmes/ Quand on bâillonne trop de rêves / C'est comme quand on ajoute bois sur bois sûr le bûcher/ A la fin il suffit du bout de bois d'un esclave pour faire dans le ciel de DIEU et dans le cœur des hommes le plus énorme incendie." Merci Aliloul de nous rappeler de ces événement tragique afin que nul n'oublie ce que à subit le peuple algériens. Ce dernier tôt ou tard dois demander la repentance à la France. Mais jamais par voix de ceux qui ont violé la constitution pour s'éternise ou pouvoir !!!
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.Message Posté par : bo soleil ( Contacter ) - 30/05/2009
recherche sur lindependance
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.Message Posté par : ilparait ( Contacter ) - 18/06/2009
Czertains historiens bien informés affirment que le "Général" De Gueule était derrière ce triste evement, pour pousser les Algériens a demander l'Indépendance, car De Gueule cherchait un prétexte pour démanteler l"empire" français. Connaissant la rourie de cet Officier d' opérette, je ne suis pas étonné, personne n'a rien gagné dans cette affaire, et finalement deux peuples qui ne s'aiment pas mais se supportent tant bien que mal et l'inverse aussi. INDEPENDANCE, mot bien vide de sens en définitive.
L'internaute Benido a répondu à ce commentaire. Nous avons jugé utile de déplacer ce commentaire et sa réponse dans un article nouveau du fait de l'importance du dialogue engagé : ici Le Modérateur>
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