Ce n'est pas fortuit qu'on qualifie l'histoire d'"histoire" !
 C'est une information que suggère celui qui a accompagné les présidents Irakiens Ahmed Hassan El Bakr et Saddam Hussein.
Hammed Lajbouri était ministre des affaires de la présidence, de l'extérieur et a assuré d'autres portefeuilles et il était l'un des membres du cercle fermé proche de Saddam.
Hammed Lajbouri raconte que Boumédiene est tombé malade après son retour d'un voyage qu'il a effectué en Irak de Saddam Hussein en 1978.
Il affirme que, suite à sa visite de Bagdad, Houari Boumédiène s'est rendu en Syrie pour un sommet et que c'était son dernier déplacement avant son hospitalisation.
Ahmed Taleb El Ibrahimi confirme dans ses mémoires que le président Boumédiene en se rendant en Syrie, il était déjà malade.
Lors des funérailles de Boumédiène auxquelles il a assisté en qualité d'officiel Irakien, Hammed Lajbouri raconte que Ahmed Taleb El Ibrahimi qui est docteur en médecine et qui était à l'époque ministre conseiller du Président Algérien, lui a décrit les symptômes de la maladie qui a provoqué sa mort et El Ibrahimi lui a dit encore, que tous les experts médicaux qui ont entouré Boumédiène n'ont pas pu déterminer la nature de sa maladie.
Mais ce que Hammed Lajbouri rapporte d'intéressant dans l'affaire, vient d'une constatation : en 1987 et en 1988 quand Saddam ordonna le bombardement de zones Kurdes d'Ibril et de Halabja par des produits chimiques, quelques Kurdes empoisonnés encore vivants ont été évacués vers des hôpitaux en Europe mais ils n'ont pas survécu. Cependant, les médecins avaient selon lui, identifié l'agent ayant conduit à leur mort.
Ce ministre Irakien raconte que les symptômes de la maladie qui a conduit à la mort de Boumediène tel que décrits par El Ibrahimi, sont identiques à ceux qui ont conduit à la mort des Kurdes. Cet agent responsable de leur mort est un poison connu sous le nom d'Anthrax.
Scientifiquement, il est représenté sous forme de gaz et décrit comme étant des bactéries souvent mortelles causant une fièvre élevée, des difficultés de respiration, des douleurs de poitrine et par la suite un empoisonnement du sang.
Ahmed Taleb El Ibrahimi parle dans ses mémoires aussi de fièvre chez Boumediène et que les médecins n'ont pas pu identifier l'origine de cette fièvre.
Mais pour quelle raison Saddam aurait-il tuer Boumédiène ?
Là, c'est toute une autre histoire.
En 1975 se tenait à Alger le premier sommet de l'OPEP. Boumédiène réussit à réunir le Shah d'Iran et Saddam Hussein, encore vice-président Irakien, mais c'était déjà le vrai patron de l'Irak et ce, pour le règlement d'un conflit Irako-Iranien vieux comme le temps. Le diffèrend concernait le tracé de frontières entre les deux pays.
Le 6 mars 1975 un accord est conclu entre les deux parties à Alger et l'état algérien s'est porté garant de cet accord.
En 1979, Saddam Hussein prend le pouvoir officiellement en Irak et la révolution iranienne installe l'Ayatollah Khomeini qui transforma l'Iran en République Islamique. Les deux régimes se haïssent et la propagande disait que l'Iran allait exporter sa révolution à tout le Moyen Orient. Le conflit entre l'Iran et l'Irak s'intensifia et prend un fond idéologique en supplément. Mais en réalité, c'est un facteur économique qui fît jaillir le feu dans ce conflit : la région frontalière de Chatt-El-Arab s'est avérée riche en hydrocarbures.
Saddam, décidé d'ignorer les accords d'Alger, voulait-il se débarrasser de Boumédiène , un témoin gênant qui, ayant supervisé les accords frontaliers entre les deux pays en conflit, pouvait faire pression et être une source défavorable à Bagdad sur le plan de la juridiction internationale ?
Qu'en est-il de cette histoire quand Lajbouri, un proche de Saddam, laisse supposer que son Président aurait empoisonné Boumédiène ?
La suite de ce conflit est plus révélatrice de ces suppositions qu'aurait Saddam pour se débarrasser des officiels Algériens.
Au mois de septembre 1980 la guerre éclate entre l'Irak et lIran et dure jusqu'à août 1988. L'Algérie était présidée en ce moment par Chadli Ben Djedid et la médiation algérienne dans ce conflit continuait son marathon pour trouver une issue et faire taire les armes.
Et voilà encore, dans le cadre de cette affaire : le 3 mai 1982, le chef de la diplomatie algérienne, feu Mohamed Seddik Benyahia se rendait avec treize de ses proches collaborateurs du MAE à Téhéran, en visite officielle. Ce fut leur dernier voyage, leur ultime mission de paix.
L'avion transportant la délégation, un GII de l'aviation algérienne, est pulvérisé dans le ciel iranien. Les débris et l'épave de l'appareil ont été retrouvés à cinquante kilomètres de la frontière Irako-Turque.
Le missile lancé contre l'avion a été identifié par les experts russes comme étant de fabrication soviétique et portait un numéro de série figurant dans les lots d'armements fournis à l'Irak. Hammed Lajbouri atteste que c'est un chasseur irakien qui a abattu l'avion civil algérien transportant la délégation et ce, dans le triangle frontalier Irak-Turquie-Iran.
Le mystère demeure entier...
Les relations algériennes n'ont pas été ébranlées ni avec l'Irak ni avec l'Iran, et les autorités ont presque tout fait pour qu'aucune vérité n'éclate au grand jour.
Boumédiène est mort, le mur de Berlin a été détruit, les tours jumelles de New York ont été rasées, l'armée américaine s'est déployée sur le monde, Saddam a été pendu... Les autorités Algériennes, Irakiennes, Iraniennes et ceux du monde entier ont changé...
Que retient alors les autorités Algériennes actuelles pour aller à la vérité de l'histoire de l'Algérie allant de Ben Bella à Ahmed Ouyahya comme premier ministre et éclairer le peuple?
Peut-être d'une expérience connue, les algériens de demain sauront en l'an 2200 des brides de vérité sur l'histoire de leur pays.
En octobre 2002, le magazine Science rapportait que les travaux de trois scientifiques attribuaient la mort constatée en 1821 de Napoléon était dû à un cancer de l'estomac lors de son exil à l'île Sainte-Hélène. Les toxicologues soutiennent que le conquérant déchu serait bel et bien mort d'un empoisonnement à l'arsenic comme l'a prouvé l'analyse de ses cheveux en 2001 !
Ce n'est pas fortuit qu'on qualifie l'histoire d'"histoire" car on peut vous raconter n'importe quoi. C'est comme les projections des voyants, sauf que l'histoire appartient au passé et la voyance au futur. Mais l'une comme l'autre, elles se basent sur des récits à probabilité chancelante. C'est comme remplir le vide par des creux.
aliloul
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