Dans le parlé courant, « ouvrier » signifie un travailleur, une travailleuse qui exécute pour le compte d'autrui, moyennant salaire, un travail manuel dans un atelier, une mine, une manufacture, une usine, une exploitation agricole etc.…
Mais détrompons-nous, les employés à qui les employeurs (les entreprises ou l’état) confient des responsabilités, ces diplômés qu’on appelle « cadres », « Ingénieur », « chef de département », « supérieur »… ; ces personnalités employés aux sommet de l’état, de l’administration et des usines sont aussi d’authentiques ouvriers.
Le terme « ouvrier » vient de la racine « œuvre » qui a pour définition : résultat, produit d'une activité ou d'une action humaine matérielle ou morale; ce qui est réalisé ou créé par l’homme.
Et Eiffel ou Hitler, par exemple, sont des ouvriers. Sauf que le premier est ingénieur et a passé des nuits à tracer des plans pour construire la tour qui porte son nom à Paris et rapporte des milliards par an à son pays du fait que son œuvre est un édifice touristique qui a le mérite d’être le site le plus visité dans le monde ; et l’autre, il a passé beaucoup plus de nuits à monter des maquettes de stratégies de guerre pour, pouvons-nous penser, détruire l’humanité et son propre pays en même temps.
Le terme « ouvrier » a été dévié de son vrai sens et déprécié par le patronat à l’effet de séparer et affaiblir la force du travail salariée, et ce, en la divisant en deux catégories « ouvriers » et « cadres » sur l’échelle de classification des emplois et même en trois groupes, si on ajoutait les « cadres supérieurs ». Ceci a donné par la suite, durant la révolution industrielle au XIXe siècle, l’émergence de classes sociales et croit-on, ainsi, qu’ils ne partageaient pas les mêmes revendications du fait des écarts de salaires et de modes de vie.
Cependant, l’avènement du socialisme et la reconstruction sociale des nations après la deuxième guerre mondiale ont mis en échec cette séparation des travailleurs. En France, le secrétaire général du syndicat des travailleurs « Forces Ouvrières » (FO), Jean-Claude Mailly, est un cadre de la CNAM, diplômé en études de sciences économiques et sociales.
En Pologne, le syndicat d'ouvriers « Solidarité » des chantiers navals de Gdansk avait à sa tête Lech Walesa. C'est sous son influence que ce pays communiste a connu de nombreuses grèves de masses ouvrières déclenchées dès 1980 et qui sont à l'origine de la libération des travailleurs de ce pays du parti et du syndicat uniques alliés au sommet de l'état. Ils ont acquis par la suite leurs droits fondamentaux, dont des augmentations salariales, la semaine de travail de 5 jours, le droit de grève, l'autorisation de création de syndicats indépendants et leur reconnaissance.
Lech Walesa, cet électricien de niveau « cadre moyen » d'un chantier naval est devenu par la suite Président de la Pologne en 1990 et fait transiter son pays vers une véritable démocratie. Il a reçu le Prix Nobel de la paix de 1983.
Les syndicats des travailleurs de notre temps tirent leur force en se réunissant en confédérations incluant toutes les corporations. Quels que soient leurs niveaux d’instruction, Quels que soient leurs secteurs d’appartenance professionnelle (producteurs industriels, avocats, administratifs, enseignants…), quelles que soient leurs opinions politiques et quels que soient leurs effectifs et leurs poids, la lutte qu’ils mènent est la même et a pour point commun la revendication d’une meilleure répartition des richesses.
Commentaire Posté par : BenBarka ( Contacter ) - 16/04/2011
Un cadre ou un non-cadre peut aussi travailler contre les intérêts socio-économiques de ses camarades ouvriers, devenir un collaborateur du patronat et du gouvernement, diffuser l'idéologie exploiteuse et oppressante du pouvoir des Patrons?? Hitler n'est pas un ouvrier car son œuvre était en faveur des intérêts égoïstes du patronat Allemand donc anti-ouvrière? Lech valesa a cessé d'être un ouvrier lorsqu'il est devenu chef de l'Etat et même avant cela, car, il a travaillé pour encore davantage de privatisations, donc permettre aux capitalistes d'acquérir encore plus d'outils de production et augmenter la puissance du patronat en Pologne. Les grands patrons dirigent les Etats dans le monde et les peuples sont leurs salariés, ils créent des guerres pour faire marcher leurs industries d'armement et ainsi tuer des millions d'ouvriers dans ces guerres ; donc il n' y a aucune convergence d'intérêts entre ouvriers et patrons et les grands commis de ces derniers (les cadres)?
Réponse Postée par : Hakima ( Contacter ) - 05/12/2011
Bonjour,
Vous voulez dire tout simplement que Hitler était un très mauvais ouvrier dans le vrai sens du terme. En Algérie, il y en a des milliers de ce type. Lech Valesa a cessé d'être un bon ouvrier, même un bon représentant des ouvriers, et puis il est devenu un mauvais ouvrier du fait que le Président de la république n'est pas un ouvrier et s'il l'était ce serait alors un très mauvais ouvrier. Eiffel a échappé à votre pistage..!
Ce sont tous des ouvriers et ce sont leurs oeuvre qui les jugeront.
Mais concernant le classement des cadres supérieurs dans la société : tout dépend de leur position sociale. En Algérie, tant que la classe moyenne n'existe pas et en saute de 65 SMIG de salaire pour un ministre ou un général à 7 SMIC pour un directeur d'université ou un gestionnaire de port, le directeur d'université ou le gestionnaire d'un port marchand ont les mêmes revendications que de l'ouvrier simple au bas de l'échelle : l'amélioration du niveau de vie.
Et puis tout le monde est mendiant dans ce système, tout le monde tend la main : si ce n'est pas une sadaka, c'est une rachoua !
Le CNTRE appelle tous les chômeurs d'Algérie à converger à Alger PLACE DU 1 MAI pour organiser un SIT-IN de protestation ouvert jusqu'à la satisfaction des revendications, notamment celles relatives aux articles 55 et 59 garanties par la constitution.