
Zlabia
La Zlabia ou
Ezlabia, cest comme ça quon lappelle couramment au
Maghreb.
Cest une sucrerie en forme de Gâteau-bonbon
Mais en tout cas, elle nest
ni un gâteau pour la classer par exemple avec les Cornes de la gazelle, ni un
bonbon par sa forme et son miel débordant.
La zlabia est vendu chez les pâtissiers orientaux et des particuliers qui s'improvisent un
peu partout durant ce mois sacré du ramadan. La zlabia est très demandée pour son instantanée
succulence et consommée en tant que "Coupe-jeûne".
E-zlabia a aussi son histoire
Vers 822, chassé par son propre maître jaloux de son talent, le musicien Abdourrahman
Ibnou Nafaâ Ziriab ou Ziriab tout court, est obligé de fuir la cour d'Haroun Al Rachid.
Il entreprend alors un long voyage qui le mènera de Bagdad jusqu'en Andalousie en passant
par l'Afrique du Nord. Au passage, il fait une escale prolongée en Tunisie dont il
étudie la musique et inventa une sucrerie de pâte qui porta son nom : E-Ziriabia. Ce nom
dorigine a été par la suite falsifié et déformé pour donner zlabia
La question qui se pose, comment se fait-il quun musicien de renommée et de la cour
du Khalife eût lidée dexceller dans lart de la gastronomie !?
Zlabia ou les mains de l'artiste...
Cétait sans doute des moments,
soit derrance créative ou un coup dur! L'artiste na jamais été à
labri des coups durs et de la misère. Il fût un temps où il na pas du
tout été reconnu comme une personne qui uvre
Mais lartiste crée même dans les moments difficiles. Remarquez ces empruntes de
Calligraphie arabe sur sa zlabia et les ornements du musicien.
Heureusement que Ziriab ne sétait pas arrêté là. De Tunis, il conquit
lAndalousie et tous les chroniqueurs arabes s'accordent pour affirmer que l'arrivée
en 822 de Ziriab à Cordoue, alors capitale des Omeyyades d'Espagne, a eu une influence
décisive sur l'avenir de la musique andalouse et universelle.
L'andalousie
Les premiers andalous chantaient à la manière des
Chrétiens ou des "houdat" (mélopée des chameliers) jusqu'à l'arrivée du grand maître
Ali Ibn Nafi, surnommé Ziriab... Il leur révéla des chants qu'ils n'avaient jamais
encore entendus. Sa manière de chanter fut imitée, à l'exclusion de toute autre.
Musicien de grand talent, Ziriab avait suscité la jalousie de son maître Ishaq al
Mawsili (767-850) à la cour de Haroun ar-Rachid et fut contraint, sous ses menaces, de
quitter Bagdad et d'aller faire prévaloir ailleurs ses talents artistiques. Arrivé à
Cordoue, il trouva à sa rencontre l'Emir Abdou Rahmane Ibn Al Hakam en personne, geste
qui témoigne de l'intérêt qu'on portait à la musique et de l'estime dont jouissaient
les artistes dans la société musulmane de l'époque. Cordoue était alors le centre
d'une civilisation florissante et jouissait, déjà, d'une bonne renommée artistique.
Ziriab a fait la zlabia pour casser le jeûne pendant le Ramadan et laissé un patrimoine
arabe à la musique universelle. La nouba de ziriab sécoute à merveille et se
danse par les jeunes et les grands. Encore de notre temps, les orchestres classiques (
Musique Andalouse) du Maroc, dAlgérie et de Tunisie ne quittent pas la scène sans
entonner une Nouba de Ziriab.
Ziriab serait ce Maître de la musique. Il devrait être le premier Moussiquar
(Emporteur), titre que seul une poignée de musiciens détient depuis toute
lhistoire de la musique.
Do Ré Mi Fa...
Dautant plus que Ziriab a chanté à son souverain :" Dourroun moufassaloun
sayidi " (Une perle ornée mon Seigneur ). Et cest ainsi que de cette
phrase est né l'octet de base de la musique de notre époque : Do Ré Mi Fa Sol LA Si Do.
Et c'est ainsi aussi que la zlabia et "do ré mi fa sol la si do" sont nés sous le
toit andalous quand de l'Islam jaillissait le savoir.
Eh...
Que diriez vous d'une Nouba de Ziriab accompagnée d'une Zlabia et d'un verre de thé à
la menthe !?
Et je ne voudrais pas avec ça... une perle ornée mon seigneur ?...
Oh encore des tyrans !!!
Aliloul
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