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| / ip = 93.7.114.74 date: 05/03/2009 04:20:43 //>| La musique raï et ses paroles ! | | . |
Comment dit-on ceci dans la chanson andalouse ?
La musique qu'on appelle communément "LE RAÏ" n'est d'autre que le Bedoui Oranais. Contrairement à ce qu'on pouvait penser, cette musique est essentiellement basée sur le verbe. Elle se chantait par des "cheikhs" ou "chioukh" et, plu tard, des "chikhate". "Cheikh" veut dire tout simplement "Maître expérimenté" et pas nécessairement attendre le chanteur d'être « vieux ».

L'accompagnement de la chanson par des instruments de musique est accessoire et les paroles évoquent souvent une kassidat ("légende sentimentale en poème"). Une flûte et un "gallal", appelé aussi "Kallouz", suffisaient. Le grand maître de la chanson Bedoui, Cheikh Hamada (1889-1968) abandonnait longuement son kallouz et ne tapait pas dessus, laissant la parole seule balancer le rythme et suffire à emporter l'assistance. Le RAÏ se dansait alors lentement au rythme des paroles faisant vibrer le coeur et point de dépassements osés du bassin et des hanches.
Indigènes mais authentiques !
Des authentiques chanteurs-paroliers, paroliers ou chanteurs seulement, nous retenons avec Cheikh Hamada ces autres maîtres :
- Mostéfa Ben Brahim - Cheikh Khaldi - Cheikha Rimiti - cheikh Abdelmoula - Cheikh El Madani - Cheikh El Djillali Aïn Tédelès
D’autres grands maîtres contemporains ne peuvent pas m’échapper comme Ahmed Wahby, Blaoui El Houari, Ben Zarga, Ahmed Saber, Zoubir… et ceux qui m’échappent en ce moment et ils sont plusieurs sur tout le territoire de l’Oranie qui s’étend de Maghnia à Chlef, notamment ceux qui ont le titre de « Chab » et donc pas encore prêts pour égaliser avec les grands maîtres.
Pour le moins qu’on puisse dire de cette musique, il est insultant à ses paroliers que de qualifier leurs verbes de «sales » ou incommodes à écouter en famille. Le RAÏ, ce n’est pas des chansons du type : « Darna lamour fi barraka mranika » (Nous avons fait l’amour dans une baraque cassée !), ceci est sans doute du non-raï et on ne le passe ni à la télévision, ni à la radio ! Parlons ici des choses meublant l’audiovisuel des institutions publiques.
En ce jour, nous sommes dans une émission télévisuelle et deux célèbres vedettes de la musique dite « Andalouse » y sont invités : la charmante Saloua l’Algéroise et un autre chanteur de Tlemcen. Bien que j’ai passé ma jeunesse dans le quartier « Sidi Chaker » de cette ville, j’avoue que je ne me souviens plus du nom de ce chanteur.
L’essentiel de tout ça, c’est que le téléspectateur peut participer à cette émission. L’animatrice reçoit donc un appel de Annaba et voilà le Monsieur à l’autre bout de téléphone, dans une locution que je peux qualifier de « raï-phobie » se met à critiquer cette musique, notamment les paroles. Et en personne moralisateur, il dit toute la « sainteté » de la musique andalouse qu’on peut, ajoute-t-il, écouter en famille sans être frappé du désagréable de ces mots que pouvait contenir le RAÏ.
L’animatrice, Saloua et le musicologue Tlemcenien se mettent de leur côté tour à tour à appuyer les dires du Monsieur au téléphone et déballent toute l’inculturation de la musique RAÏ et ses méfaits sur la jeunesse Algérienne et la société en général.
Bien. Mais à la fin de l’émission, dans un binôme de chanteurs du genre andalou, nos invités de ce jour entonnent quelques mots d’un malouf-haouzi bien connue. La chanson dit :
Ach ma ysabbar nirani ya kamlat ezzine ‘and lalla sahrani....
Nos chanteurs là, ne sont-ils pas entrains de dire « Comment puis-je me retenir pour calmer mes feux chez ma chérie avec qui je veille » ? Même, certains chanteurs emploient "yberrad nirani", yberrad ?, Est-ce que ceci fait partie des paroles qu’on peut écouter en famille ? Mais soyons sérieux ! C’est abject, vulgaire et même érotique que de se trouver avec sa fille, son fils ou sa mère, entonner et sans rougir de honte : Comment puis-je me retenir pour éteindre ma flamme… ?
Il y a façon et façon de dire les choses !
Oui, mais il y a une façon de dire les choses peut-on rétorquer ! Alors, laquelle ? Celle qu’on a l’habitude d’entendre sûrement et qu’on ne soupçonnait jamais ?! Le chameau voit-il sa propre bosse ? Sans doute oui s’il tournait sa tête. Mais elle ne peut-être que la meilleure du moment que c’est la sienne !
Même, cette musique d’importation qui nous provient, et ne l’oublions pas, de l’Espagne ; où chrétiens, juifs et musulmans se mêlaient ; Le tarab andalou déborde souvent sur des paroles complètement haram (illicites). Quelle différence y a-t-il entre un Khaled qui dit « Ana l’arbi oueld el ‘arbia charrab larkoul » ( fils d’arabe qui prend de l’alcool) et une nouba andalouse qui se termine par « Mahla echarab ‘ala khaddi men nahwa » (Qu’il est bon le vin sur la joue de celle que je désire) ou « Tala’a el mouaddan, hallal wa kabbar wa kala haï ‘ala el milahi (Le Muezin qui dit : VIVE LES BELLES !)
De telles expressions sont bonnes pour JAHANNEM !
Je reviens à nos chioukh et écoutons Cheikh hamada dire les choses sans que personne ne soupçonne le moindre éveil du système génital, cette dotation sensible dont Dieu nous a pourvus, hommes et femmes.
Le Danedana...
Pour entamer le RAÏ, le chanteur a besoin d’une introduction. Elle est l’œuvre, initialement, de Hamada mais tous les autres chanteurs du raî l’ont reprise dont Cheikha Remitti, et l’ironie, peut-être que ces chanteurs eux-mêmes ne savaient pas ce qu’ils disaient dans leurs chansons. Il s’agit de l’introduction : «wadanedanidanadanadanadayni ». C’ est une phrase, une strophe dite en arabe classique. Elle s’écrit ainsi :
Wa Dana dani, dana..., dana..., dana dayni !
Le verbe « dana, yadnou » en arabe veut dire « s'approcher » ou « se rapprocher » et donc Hamada disait en substance, traduit en français :
" Et un approcheur s’est rapproché, s’est rapproché.., s’est rapproché.., s’est rapproché à mon approche ! "
Ceci est une description verbale de tant de tendresse au lit ; quand l’époux et l’épouse veulent se donner l’accolade et s’ajustent dans leur délicat accord pour réussir la chorégraphie d’un accouplement dense d’extase !
Comment dit-on ceci dans la chanson andalouse ?
Abd Elkrim
P.S./ Chaque chose étant égale par ailleurs, Si vous trouviez ces propos "impropres", elles ne sont qu'à la mesure des propos de nos paroliers de musique ! | | 05/03/2009 |
commentaires... / fin de la page La musique raï et ses paroles ! //>
.Message Posté par : yamina ( Contacter ) - 06/03/2009
c'est comme chez le medecin, on montre où est la douleur exactement et comme parler à l'imame, la hya fi eddine, on dit tout. Merci abdelkrim, je suis un fan de la musique andalouse et je trouve tes mots vrais et corrects issus d'une analyse sans tabous.
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.Message Posté par : Fergabe ( Contacter ) - 06/03/2009
Les arabes n'ont perdu Grenade (granada, gharnata) que, parce qu'ils ne restait plus de moeurs à observer, une socièté qui avait completement perdu sa culture arabo-musulmane. Surtout dans les familles riches, celles là mêmes qui ont pû rejoindre le Maghreb précisement. Et les autres, celles qui sont restées sur place, se sont converties au christianisme.
Le poète de ce temps, Abou-Nouas, qui est devenu le nom d'une marque de bière très appréciée, dépassait de loin Baudelaire. Dans l'un de ses poèmes il dit :
Wa rahibatoun aghlakate daïraha Fakkounna ma'a el leïli zouaraha !
(Et une prostituée a fermé ses portes et nous étions cette nuit ses clients !)
enfin la débauche comme sujet de culture, c'etait ce qu'apprenaient les enfants dans les manuels d'école. Merci pour ce site.
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.Message Posté par : Boualem ( Contacter ) - 07/03/2009
hadana ilayha chada kahwatine Toudi'ou li anfika asraraha !
J'ajoute cette suite à Fergabe et merci de nous avoir rappelé Baudelaire et Abounouas. J'ai lu "les fleurs du mal de Baudelaire" et "Le vent, le vin, la vie" de Abou Nouas ou Abou Nawas. Cet Andalou, Il parait même qu'il était homosexuel. I dit : "Il est si élégant, d'une beauté unique, qu'on changerait de foi - sinon de Créateur -pour ses beaux yeux."
Ce n'était pas la décadence arabe en Espagne mais carreément la chûte de la civilisation arabo-musulmane.
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.Message Posté par : midouna ( Contacter ) - 07/03/2009
et ghaffour il dit bien anta jamil wa touhibou el jamel wa kayfa aradta 'iibadaka alla ya'echakoun. On dirait qu'il essaie de corriger allah d'une injustice. Puis une autre fois il dit : Lama sakani essaki bifaydhi khamratihi.. etc.. khamratihi c'est la jarre remplie du vin !!! je ne sais pas si c'est permi tout ça en religion?????? Moi je connais une chanson que chante El fargani et qui dit "karftanik mahloul ya lalla..." Bon sa sufffit avec ça mais ce n'est pas moins vulgaire que les paroles du rai.
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.Message Posté par : Boualem ( Contacter ) - 12/03/2009
Une petite correction qui a glissé entre mes mains, Abou Nawas était un poète de Bagdad. Mais il fait bien partie de la même ère que Ziriab qui a été à l'origine de la musique qu'on appelle maintenant l'andalouse.
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.Message Posté par : Boualem ( Contacter ) - 16/03/2009
Voilà ce que j'ai trouvé. Hamada dit de la jeunesse d'aujourd'hui :
Had el jil ajbah wa hamma Kaddartah kif kahf el ghoumma Ta'eraf kif tachrah del kalma Bouna adam ghaddar kel hama
traduire...
Notre génération est ruche et style Je l'ai évaluée comme une grotte à vertiges. Sais-tu comment expliquer ces mots ? - Le fils d'Adam est un traître comme l'hyène.
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